Quelques réflexion du "vieux con" que je suis à propos de Folklore 2009 tel que j'ai pu l'appercevoir

Le texte qui suit est un coup de gueule, il ne prétend pas distiller ni conseils, ni vérité... mais si au moins il pouvait provoquer le débat, j'en serais déjà fort content.

Le texte étant fort long à lire sur un écran, j'en ai pondu une version PDF que l'on peut télécharger ici afin de l'imprimer.

Suite à la parution dans « Le Soir » d'un article idiot et d'une émission de la RTBF que je n'ai pas encore vue, tous deux consacrés au folklore estudiantin, on a vu paraître sur « Fesses de Bouc » un nombre incroyable des groupes et pages pour la défense du folklore. Des groupes vont même jusqu'à plaider le classement du folklore estudiantin dans le patrimoine immatériel de l'humanité. Certaines réflexions lues par-ci par-là, certains évènements auxquels j'ai pu assister par hasard cette année m'inspirent cette dissertation. Mon objectif est de démontrer, arguments et faits à l'appui qu'avant c'était mieux! Restons sérieux que diable, le sujet en vaut la penne!

Dans un premier temps je vais lister les activité de bleusailles auxquelles j'ai eu droit comme bleu CdS 1988. Ensuite je tenterai une petite analyse et en profiterai pour donner mon avis.

Je ressors ma vieille carte de bleu, conservée précieusement dans un des classeurs de ma collection et vous livre la liste des activités de bleusaille auxquelles j'ai eu droit.
Je suis entré à l'Unif le lundi 3 octobre 1988...
La première activité fut un TD au tout début de l'année, c'était avant le pique-nique, je pense même que c'était le premier mardi de la rentrée. Rencontre avec les comitards, découverte de Luigi et de son copain « gueule en terre »... L'activité a surtout constitué en une série de jeux débiles, complètement dérisionnels, et faiblement bibitifs.
Ensuite, si j'ai bon souvenir, le premier jeudi à midi, un pique-nique. Il faisait tellement mauvais que les cercles avaient décidé de ne pas se rendre comme c'était l'habitude, au bois de la Cambre mais de faire ça, chacun de son côté dans des endroits secs. Le CdS avait choisi de faire ça dans un parking vide qui se trouvait en face du cercle à la plaine. Les bleus ont eu droit à des bouffes dégueulasses, Frolic, Pal, Wiskas,... et encore à toute une série de jeux ridicules et ridiculisants.
Le 12 octobre, il y a eu la remise des cartes des bleus suivie d'un TP guindaille. Les TP guindaille ont été remplacés par des cantus bleu. C'était à peu près la même chose tout en étant moins « ritualisé » qu'un cantus. On y chantait, on y buvait...
Le 20 octobre nous sommes descendus en ville. La promenade constituait en une sorte de « rallye café » dans le centre de Bruxelles, Quelques boissons et bouffes pas bonnes, jeux débiles, blagues aux bourgeois. C'est ce soir là que je fus tondu, à ma demande (hé oui, mais j'avais mes raisons de le demander), et que je devins le « bleu touffes ». 
Le 24 octobre ce fut l'accueil... une activité qui ressemblait un peu au baptême mais dont les sketchs étaient moins construits, pour autant que ceux du baptême l'aient étés. Ca se passait au foyer sur une petite scène. Les bleus montaient sur scène par groupes et devaient jouer encore une fois à un truc débile. Pour ma part ce fut une « chaise musicale » où les chaises étaient des assiettes de fromage blanc (clin d'œil au « nouveau folklore » du CM où l'on clashait à la feuille morte et au Petit Gervais à l'époque). Nous étions bien sûr à poil et il fallait pour ne pas être éliminé, s'assoir le cul nu dans le Petit Gervais. Je me souviens d'en avoir surtout beaucoup ri! L'accueil se terminait par l'élection du roi des bleus.
Le 3 novembre nous avons eu un second TP guindaille dont les souvenirs pour ma part sont particulièrement brumeux. J'étais assis à côté de mon ami Laurent qui ne buvait pas la moindre goutte d'alcool, chaque fois que notre présidente lançait un « à fond bleu! », je buvais mon verre et le sien. Si bien qu'assez vite dans la soirée je fut fort saoul. Les comitards s'en étant rendu compte m'avaient infligé une abstinence totale, j'étais censé ne plus boire. J'étais infernal, bruyant et turbulent, je m'étais retrouvé « puni » sous la table et c'est dans cet endroit discret loin du regard de mes comitards que je continuais à vider les verres de mon ami. A la fin de l'activité, j'étais vraiment déchiré, pour utiliser un terme à la mode. Heureusement, Laurent était un vrai ami et m'a ramené chez lui où le lendemain je tapissais la salle de bain...
Le 11 novembre eut lieu le baptême lui même, sur scène à la salle PK et sous des tonnes de bleu de méthylène. Nous avions plus ou moins préparé et répété des sketches depuis quelques jours. C'est peut être de toutes les activités celle qui a le moins changé en 20 ans.

Ma thèse de départ étant donc, « Avant c'était mieux » analysons les différences entre mon époque et l'époque actuelle.

Au niveau du programme général de la bleusaille, constatons pour commencer l'absence du jugement, une activité relativement récente qui consiste à « juger » si les bleus et bleuettes sont aptes à recevoir le baptême. Le jugement se passe souvent, surtout dans les gros cercles, durant tout un week-end, où les bleus passent un par un devant un comité qui les interroge. L'interrogatoire aurait pour but « d'initier » le bleu au Libre Examen, de lui faire se rendre compte que pendant quelques semaines de sa bleusaille il s'est soumis à un argument d'autorité des plus arbitraires et qu'il fut con de le faire. Je n'ai assisté qu'à un seul jugement, il y a bien longtemps, au tout début de cette nouvelle activité, mais on m'en a raconté assez pour que je puisse affirmer que malheureusement, les comités interrogateurs écoutent souvent le bleu en cherchant des « mots clés » ( librex, fraternité, dérision...) , et orientent les réflexions du « candidat » de sorte à ce que ces mots clés attendus sortent. Cette méthode me fait quand même relativiser, et pas un peu, l'aspect Libre-Exaministe de l'activité, de nombreux comitards n'attendant du bleu rien d'autre que les mots qu'eux même ont été amenés artificiellement à sortir quelques années auparavant. Qu'importe finalement que les mots soient compris du moment qu'ils existent. Il me semble aussi que sous le prétexte de rejeter cet argument d'autorité auquel le bleu a été soumis, on ne fait finalement que l'adoucir sous la forme d'un doux conditionnement à une forme dogmatique de Librex. Quant à l'aspect « initiatique » et symbolique de certains prétendants, là aussi j'ai un énorme doute, on oriente le bleu, on cherche à lui faire dire un certains nombres de phrases pré-formatées. En quoi ceci est-il une initiation? Je cherche encore...

Maintenant, j'aimerais m'étendre un peu plus sur quelques aspects actuels de la relation bleu-comitard et les comparer quelques peu à mes souvenirs. J'ai vu récemment, un président de baptême engueuler un bleu qui avait eu le malheur d'entrer dans son cercle, d'y rester debout, de regarder les poils et plumes, et comble du comble d'y boire tranquillement une bière qu'un ancien, c'est à dire moi, lui avait offerte. Précision importante : tout ceci se passe vers midi, complètement hors activité de bleusaille. L'engueulade n'était malheureusement ni comique, ni folklorique mais plutôt injurieuse et s'est terminée par le renversement de la bière du bleu sur sa tête. J'avoue ne pas avoir réagi plus que ça sur le coup, et m'en mordre un peu les doigts, mais qu'importe je n'avais pas la tête à ça ce jour là, complètement absorbé que j'étais pas l'organisation de l'exposition « Fleurs du Mâle ». On continue à me dire qu'un des buts de la bleusaille est de permettre ou de faciliter l'intégration des bleus à l'université et pour ce faire, on leur interdit l'accès à leur cercle pendant le temps de midi, je rêve! Que l'on interdise aux bleus de regarder leurs comitards dans les yeux pendant les activités, passe encore (quoique!) mais qu'on leur interdise l'accès au cercle me choque profondément. Au bas de ma carte de bleu, on trouve des cases réservées aux points et 5 cases correspondant chacune à une bière ou coca gratuit dans mon cercle, boissons qu'il était obligatoire d'aller consommer. Nous étions donc invités à rendre visite à notre cercle, à y passer du bon temps et à apprendre à faire connaissance hors activités avec nos comitards, les poils et les plumes. A aucun moment pendant ces visites, je n'ai le souvenir de la moindre humiliation, ni engueulade. On se moquait bien un peu de nous, on nous invitait à nettoyer ou à porter les bacs de chopes, on nous offrait à boire, quitte à faire en sorte que nous sortions du local avec un petit verre dans le nez, on nous apprenait une chanson et l'on ne nous « libérait » qu'une fois celle-ci connue... Voilà ce qui je pense tenait beaucoup plus de l'intégration que ce que j'ai vu récemment.

On me dit souvent aussi que c'est en ayant subit ensemble diverses humiliations que les bleus se soudent entre eux et que cela constitue un des fondements de la fraternité qu'ils sont censés développer. Je ne pense pas qu'il faille aller jusqu'à une humiliation excessive pour parvenir à ces fins, avoir l'air « con » ou ridicules ensemble sous une grosse couche de dérision suffisait, l'injure et l'humiliation n'y apportent rien. Je pense que le Folklore n'a besoin du Libre-Examen pour se justifier qu'à condition qu'il reste drôle et dérisionnel à souhait. Il peut, il doit même, se suffire à lui même et se passer de justification.

L'insoucience qui devrait caractériser l'étudiant, la dérision et de préférence l'auto-dérision qui sont les corolaires de cette insouciance doivent être à mon avis, plus encore que le Librex, des piliers d'une guindaille réussie. C'est en ridiculisant le bleu, en le forçant à remettre en question, par lui même (et j'insiste sur ce « par lui même » et tant pis s'il n'y parvient pas), les principes bourgeois qui lui ont été inculqués par l'éducation qu'il a reçue de ses parents que l'on pourra élever le bleu à un statut de vrai poil. Pas en l'humiliant au nom d'une soi-disant initiation au Librex. Que l'on introduise le libre-examen par le folklore, pourquoi-pas, que l'on justifie les excès du second par une pseudo initiation au premier, je dis clairement non. Le folklore n'est pas sérieux, le folklore se doit d'être ridicule, d'être une remise en question insouciante des principes bourgeois de la vie de tous les jours. Il n'a pas pour but de forcer le bleu à remettre en question un argument d'autorité quel qu'il soit, mais de forcer le bleu à rire de lui même... alors seulement peut être qu'un jour le bleu ira plus loin et sera un vrai poil de l'ULB!

En guise de conclusion, je citerai les deux devises que j'ai clamé pendant mes années de guindaille...

Dérision maitre mot!

Et surtout

Dérision bien ordonnée commence par soit même!

Que vive l'humour, que vive la dérision, soyons ridicules et alors seulement nous serons folkloriques et le guindaille vivra!

QVG!

Touffe

 


Pour être tenu au courant de l'évolution du site merci d'écrire à

qvg-subscribe@quevivelaguindaille.be

ou

Ecrire au webmaster

Retour à l'accueil du site